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«Ultraviolet»: la belle zone grise du changement

 

Une répétition du spectacle « Ultraviolet » au studio des Grands Ballets à Montréal, le 18 avril
Catherine Lalonde
29 avril 2023 Critique
Danse


La soirée contemporaine Ultraviolet des Grands Ballets canadiens de Montréal (GBC) a dévoilé des
couleurs autres que les brillants roses qui l’annonçaient. Les pièces de Kristen Céré, Lesley Telford et
Cass Mortimer Eipper forgent un programme aux propos et aux tonalités plus sombres, plus sérieuses,
plus critiques et (un peu) plus égalitaires, jusque dans les saluts, que ce à quoi les GBC ont habitué leur
public. Une belle soirée, en noir, blanc et dégradés, comme une de ces traversées dans les zones
grises qui peuvent engendrer le changement.
Ultraviolet est d’une uniformité étonnante. Dans les couleurs, les tons et les ombres de trois des quatre
pièces présentées. Dans les propos plus lourds, plus oppressants — la déconnexion aux autres, la
difficulté de répondre aux normes (à l’uniforme, « à la robe »), l’aliénation. Dans la musique (« tiens,

Dans les costumes, plus habillés, qui suivent bien les mouvements.

Déséquilibre délectable, de Kristen Céré, est le coup de cœur. Avec des gestes lancés, des « glissades-
chaussettes » qui déménagent les danseurs latéralement sur le plancher, de petites frénésies des mains

et des compositions de groupe habiles, la pièce est un écho aux mouvements internes et externes de
cette vieille dame irrésistible aux cheveux blancs — la grand-mère de la chorégraphe, mais on s’ennuie
des programmes papier pour le savoir in situ — qui apparaît filmée en gros plan, et parle, et délire, et
bouge bellement.
Cette pièce provoque chez le spectateur à longue mémoire des flash-back de 1990, de grands moments
de Jean-Pierre Perreault, d’O Vertigo, même de La La La. Les danseurs s’y jettent magnifiquement. On
se questionne sur les durées, les musiques et tableaux écourtés, qui donnent une petite impression de
zapping : tout est là, chorégraphiquement ; mais les effets n’ont pas le temps d’atteindre les affects.
Chapeau aux éclairages de François Chirpaz. Les lampes qui montent et descendent du plafond
compressent et diluent dans leur mouvement la chaleur, le point focal, la densité, et le propos.

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«Ultraviolet» des Grands Ballets au Théâtre
Maisonneuve de la Place des Arts

Déséquilibre humain
Publié le 1 mai 2023 par Isabelle Lareau

«Déséquilibre délectable» de Kristen Céré
Cette chorégraphie, présentée en ouverture d’Ultraviolet, se veut une exploration de la partie plus
délicate et plus lugubre de la nature humaine.


Différents tableaux, avec divers regroupements de danseurs, constituaient une succession
d’événements où la complexité de l’homme était exprimée avec force et agilité. La partie sombre est
demeurée au premier plan, tandis que la fragilité restait présente, bien que plus discrète.
Les danseurs ont vraisemblablement livré un combat contre eux-mêmes, comme s’ils
cherchaient à se libérer de cette obscurité qui les habite.


Entrecoupée de projections durant lesquelles une dame âgée paraissait souffrir de solitude – et pour
cause: elle était seule dans un espace vide – cette pièce a su conquérir le public grâce à sa beauté et
l’énergie qui s’en dégageait.

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